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- POINT DE VUE-

MOBILISATION du 9 Novembre 2011,

La FEP n’appelle pas au rassemblement. Pourquoi ?

Notre revendication, celle portée par les nombreux enseignants qui ont participé aux manifestations du 27 septembre (45% de grévistes dans l’enseignement privé breton), est de dire « zéro retrait de poste à la rentrée 2012 ». Il s’agit donc de dénoncer fortement une politique éducative qui détruit l’école pro-gressivement et ce maintenant depuis 5 années.
Le Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique (SGEC) n’a pas les mêmes objectifs. Il est conscient des « efforts à faire pour assainir les finances publiques » et se dit « prêt à y apporter sa contribution ». En revanche, il ne veut pas que les suppressions de postes entraînent des fermetures de classes ou d’école : selon son secrétaire général, Eric De Labarre, il faut « préserver la contribution de l’école à l’équilibre des territoires et éviter ladésertification de certains secteurs géographiques ». Volonté tout-à-fait louable, mais alors, comment appliquer la politique du « non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux » tout en mainte-nant intacte l’offre de formation ? Une des solutions(1), c’est, selon le SGEC, l’augmentation du temps de travail des enseignants par le biais d’une annualisation du temps scolaire : « le SGEC souhaite que le temps de travail des enseignants soit revu »....

Voir l'affiche - Voir le courrier intersyndical envoyé au SGEC


Retrouvons une ambition éducative

Douze millions d’élèves ont rejoint les bancs de l’Ecole le 5 septembre, soit environ 80 000 de plus que l’an dernier. A chacune de ses interventions, Luc Châtel s’enorgueillit  d’une rentrée réussie et met l’accent sur quelques petites nouveautés : discours sur la morale,  pédagogie individualisée et autonomie des acteurs locaux. Tout un discours lénifiant pour mieux occulter les 16 000 postes supprimés. Comment peut-il convaincre les 840 000 enseignants ? Comment peut-il affirmer que techniquement cette rentrée est un succès,  quand on constate que les difficultés sur le terrain sont insurmontables ? Comment peut-il ignorer tous ceux (même parmi ses amis !) qui dénoncent une Ecole en grande souffrance ?

En effet, 82 % des français récusent la politique éducative gouvernementale....

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La presse, prolixe en ce début septembre, s’interroge et condamne. Les spécialistes de l’Education relèvent l’incohérence entre les réformes et la pression budgétaire, la prépondérance du chiffre des retraits de postes sur toute notion pédagogique, l’individualisation de la formation dans une classe de 35, la dégradation de la condition enseignante, l’inégalité croissante générée par le manque de moyens et l’impuissance faussement naïve du ministre de l’Education.

Les enseignants, en rupture de confiance, naviguent entre l’ambition de réussite pour les élèves et la morosité de pédagogues soumis à d’impossibles contraintes. A leurs côtés, les personnels d’administration, de service et d’éducation subissent le manque de dialogue social de la FNOGEC.

Dans l’Académie de Rennes, l’enseignement privé sous contrat accueille avec 186 profs en moins, 1 500 élèves de plus qu’en septembre 2010 (Education Nationale et Enseignement Agricole), soit au total 252 500 élèves. Face à ce constat, le président du CAEC, Martial Limouzin, proteste que l’ « on ne plus aller au-delà des suppressions pratiquées en 2011 ». Les instances catholiques s’expriment enfin sur ce que nous, FEP CFDT, dénoncions depuis 5 ans

Aujourd’hui, la FEP, en lien avec le SGEN et toute la CFDT, invite à relancer l’Education, à lui donner un nouvel élan, à investir dans l’avenir et à stopper les coupes budgétaires aveugles. L’Education doit être perçue comme un investissement avant d’être considérée comme un coût. Les échéances politiques favorisent l’émergence du débat. C’est toute la société qui doit s’y impliquer pour imposer un véritable projet éducatif porteur d’avenir et ne laissant personne au bord du chemin.

Marquons collectivement l’urgence de la situation !

Pour retrouver une ambition éducative, pour rendre impossible la suppression des 14 000 postes supplémentaires en 2012, agissons tous ensemble de façon ciblée et efficace. C’est pourquoi, les organisations syndicales du public et de l’enseignement privé vous invitent à faire grève et à manifester mardi 27 septembre dans le cadre d’une journée pour l’Education.

Mobilisons nous. Allons plus loin dans l’Action.

Soyons combatifs et constructifs.

Bernard Le Page


Coup de pub à 1,35 millions d’euros pour masquer la dégradation du système éducatif

Alors qu’il supprime 16 000 postes, le ministère de l’Education lance une campagne pour recruter 17 000 enseignants. En effet, 33 000 départs à la retraite seront effectifs cette année. Les clips et les encarts publicitaires précisent que l’Education Nationale recherche 17 000 talents, sans doute innés pour éviter d’avoir à leur assurer une réelle formation. Ce coup médiatique, aux allures de propagande, vise aussi à endiguer la crise du recrutement dont le ministère est responsable par déficit de formation initiale, conditions de travail à la dérive, salaires bloqués, supressions de postes à haute dose, fermetures de structures et réformes à la va-vite s’appuyant sur des objectifs louables pour mieux cacher les logiques budgétaires. Luc Chatel cherche à ... Afficher/cacher la suite ...

rassurer alors que de toute part, la critique de sa politique est criante. Non seulement les syndicats et les courants pédagogiques montent au créneau, mais ils sont aujourd’hui rejoints par les parents d’élèves, des élus, l’association des maires de France et l’enseignement catholique de Bretagne, des Pays de Loire et du Nord. Notre ministre qui assume mal sa politique de destruction de l’Education précise qu’il ne veut plus fermer de classes en 2012 mais laissera les Recteurs d’Académie supprimer les postes selon leur choix avec une prime d’encouragement. Nous notons aussi, que parmi les profs à embaucher, un certain nombre le sera de façon précaire. A la FEP, nous condamnons ces propos de communicants déloyaux et demandons au Ministre de mettre fin à un principe idéoligique nuisible à l’Ecole. Nous exigeons ZERO suppression d’emplois en 2012. Cet objectif doit être porté haut et fort pour peser dans les choix qui conduiront à la préparation du budget 2012. C’est pourquoi, la FEP CFDT agira sur tous les terrains et avec tous ceux qui portent une véritable ambition pour l’Education. Nous serons dans la rue avec le collectif « un pays, une école, notre avenir » à la rentrée. Nous poursuivons nos contacts avec les élus quelque soit leur étiquette, car ce sujet est central pour le vote du budget à l’automne comme pour la campagne présidentielle. Nous participons aussi , au sein du CAEC, aux initiatives de l’enseignement catholique de Bretagne avec toute la vigilance nécéssaire et en rappelant que nous avons réunis 8 000 signatures contre les mesures alternatives imaginées par le Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique. L’ enseignement privé sous contrat veille à maintenir ses srtuctures alors que la FEP CFDT privilégie la qualité du système éducatif dans son ensemble. Des constats de même nature nous permettent cependant d’agir ensemble bien que nos propositions divergent. Nous voulons des moyens pour l’Ecole afin qu’elle remplisse ses missions au service de l’élève favorisant la réussite de tous. Cela induit des enseignants formés, motivés, reconnus et en nombre suffisant pour effectuer un travail dans des conditions décentes.

Bernard Le Page


EMPLOI et HEURES SUP'

par André jeffroy

La rentrée 2011 s’annonce difficile: chaque année les « mots » restent les mêmes mais la douleur s’accentue. Encore des retraits de postes: 1633, c’est la facture nationale annoncée pour le privé.
Jusqu’à présent la souffrance était plutôt diffuse (diminution des moyens de remplacement et des congés de formation, suppression des dédoublements, augmentation des heures supplémentaires), elle risque de devenir plus aiguë (licenciements), voire fatale (fermetures de classes ou d’écoles).
Face à cette gangrène, deux médecines parallèles: un traitement palliatif d’accompagnement à la douleur prescrit par l’Enseignement catholique ou un traitement de fond proposé par les syndicats consistant à lutter contre ces suppressions. Je vous invite à choisir la deuxième ordonnance en signant la pétition intersyndicale et en participant aux rassemblements du 24 novembre.
L’échec des heures sup’... Afficher/cacher la suite ...

A l’origine un slogan : « travailler plus pour gagner plus. » En exonérant les heures supplémentaires, Nicolas Sarko-zy comptait bien faire décoller l’activité, briser le carcan des 35h, développer le pouvoir d’achat des Français. Le financement de la loi est simple: le coût de l’exonération sera compensé par l’augmentation des recettes TVA lié à l’augmentation des salaires.
Seulement voilà: l’étude récente de Pierre Caduc, professeur à polytechnique et Stéphane Carcillo, professeur à Paris 1 nous apprend que cette mesure nous a coûté 4 Mds € pour un résultat à peu près nul. Les HS ont effectivement augmenté (+25%) mais cela n’a pas eu d’impact sur la durée réelle du travail (le nombre d’heures travaillées n’a pas bougé), les employeurs ont profité des exonérations pour officialiser les heures sup déjà effectuées. Plutôt que d’augmenter les salaires, on préfère donner des HS. La cour des comptes a elle aussi sévèrement critiqué ce dispositif extrêmement coûteux qui aggrave le chômage.
Suffit pas d’avoir des idées, faut encore qu’elles soient bonnes! Et si le gouvernement écoutait un peu de temps en temps les partenaires sociaux?

André Jeffroy